Grand Prix du Canada: Antonelli signe une quatrième victoire de suite, Russell abandonne

Kimi Antonelli a remporté le Grand Prix du Canada pour signer une quatrième victoire consécutive en Formule 1, mais le résultat ne raconte que la moitié de l'histoire. L'Italien de 19 ans a hérité de la tête lorsque son coéquipier — et auteur de la pole du sprint la veille — George Russell a abandonné sur une panne d'unité de puissance au 30e tour, mettant fin à un duel interne Mercedes qui avait défini le premier tiers de course. Lewis Hamilton a ramené sa Ferrari à la deuxième place, son meilleur résultat depuis son arrivée à la Scuderia, et Max Verstappen a enfin décroché un podium, le premier de sa saison 2026, sur une course gérée en troisième position.
Avec un Russell zéro pointé pour le deuxième week-end en trois, l'avance d'Antonelli au championnat passe à 43 points. Ce qui ressemblait, vendredi soir, au moment où le numéro deux de Mercedes pouvait redéfinir la course au titre, est devenu le moment où cette avance bascule dans la domination.
Un départ humide, et un pari McLaren qui n'a pas payé
Montréal s'est réveillée sur une piste partiellement humide dimanche matin. La pluie était passée dans la nuit ; à l'extinction des feux, la trajectoire séchait mais les dégagements et la corde du virage en épingle restaient glissants. McLaren a choisi de faire partir ses deux voitures en intermédiaires, tandis que Mercedes, Ferrari, Red Bull et le reste du plateau ont misé sur les slicks.
Le pari a paru inspiré pendant exactement quatre tours. Lando Norris a remonté de la quatrième place sur la grille pour passer Antonelli au virage 1, puis Russell à l'extérieur de l'épingle au tour 2, ouvrant un écart de trois secondes au tour 4. Oscar Piastri, lui aussi en intermédiaires, a tourné sixième et en progression. Puis la trajectoire a vraiment séché. Norris s'est arrêté à la fin du tour 5, Piastri au tour 6. Tous deux sont ressortis très loin dans le peloton sur slicks, et aucun n'a pu remonter.
La course de Norris s'est terminée au tour 19 sur une casse de boîte de vitesses — deuxième abandon mécanique consécutif pour le Britannique. Piastri a vu l'arrivée en 11e position, écope d'une pénalité de cinq secondes pour avoir mis Alex Albon dans le mur à la chicane du tour 38. McLaren quitte le Canada bredouille au terme d'un week-end qui, jusqu'à dimanche matin, ressemblait à sa meilleure occasion de briser la série Mercedes.
Russell et Antonelli : le duel tour après tour qui décide du titre
McLaren hors d'équation, la course s'est resserrée sur une seule histoire : Russell contre Antonelli, même stratégie, même voiture, avec un écart de 20 points au championnat derrière eux.
Russell a mené le premier relais, Antonelli scotché dans son aileron arrière. Les deux pilotes se sont échangé la position au moins trois fois entre la relance de la voiture de sécurité au tour 14 et l'abandon de Russell, dont un dépassement côte à côte dans la chicane des virages 8 et 9 au tour 22 qui a brièvement emmené les deux monoplaces sur les vibreurs. Chaque manœuvre a été propre. Aucune n'a été confortable. Le trafic radio sur le muret Mercedes s'est raccourci tour après tour — « hold position » au tour 18, puis plus rien.
La fin est arrivée au tour 30. Russell a signalé une chute soudaine de puissance dans la ligne droite vers le virage 13 et s'est rangé dans l'échappatoire, sa Mercedes nappée d'une fumée sortant de l'arrière. L'équipe a confirmé plus tard un souci d'unité de puissance, le composant exact restant à identifier avant le week-end suivant. C'est la première casse de fiabilité de la saison 2026 de Mercedes — et elle arrive au pire moment possible pour le seul pilote capable de rivaliser sur le rythme avec Antonelli.
Hamilton, Verstappen, et un podium recomposé
La deuxième place de Hamilton est, statistiquement, son meilleur dimanche depuis l'ouverture en Australie — et son meilleur résultat tout court depuis qu'il est en rouge. Le septuple vainqueur au Canada a maintenu un écart confortable sur Verstappen tout le second relais, ramené la SF-26 à 10,7 secondes d'Antonelli, et offert à Ferrari un podium sur un circuit qu'elle a historiquement maîtrisé. Charles Leclerc s'est contenté de la quatrième place, à 44 secondes, après avoir perdu du temps sur un premier arrêt trop long et n'avoir jamais récupéré sa position.
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