Grand Prix du Canada (Qualif. Sprint): Russell prive Antonelli de la pole sprint à Montréal

George Russell a privé le leader du championnat Kimi Antonelli de 0,068 seconde au Circuit Gilles-Villeneuve, vendredi soir, signant sa première pole sprint en Formule 1 et verrouillant la première ligne Mercedes pour le sprint de samedi.
La séance — le premier acte sportif d'un Grand Prix du Canada déplacé pour la première fois depuis 1982 de son créneau traditionnel de mi-juin — s'est jouée dans la dernière minute de la SQ3. Russell a amélioré sa référence de deux dixièmes dans les derniers instants pour signer 1'12"965. Antonelli, plus rapide aux essais et arrivé à Montréal sur trois victoires consécutives et 20 points d'avance au championnat, n'a pu répondre qu'avec 1'13"033, sur le même pneu tendre.
C'est la première fois cette saison que Russell devance le pilote de 19 ans dans une séance aux enjeux titre, et la première fois que l'Anglais répond aux critiques qui se sont accumulées pendant la série de victoires d'Antonelli. Les deux rivaux du championnat se partageront donc la première ligne pour un sprint sans arrêt obligatoire, sur un tracé où la ligne droite vers la première chicane est courte et où la corde des esses Senna a toujours récompensé l'auteur de la pole.
McLaren, la menace la plus proche
Lando Norris et Oscar Piastri ont verrouillé la deuxième ligne, les deux McLaren séparées par 0,019 seconde seulement. Norris en troisième position en 1'13"280, Piastri quatrième en 1'13"299. Les deux monoplaces sont arrivées armées du paquet d'évolutions introduit à Miami il y a trois semaines, et l'écart de 0,315 seconde concédé par Norris à la pole de Russell est le plus serré que McLaren ait connu avant un shootout sprint cette saison. L'équipe d'Andrea Stella a impressionné en discrétion sur le rythme long tout le week-end ; les 19 tours de samedi diront si cela se traduit par une véritable pression de course sur la paire Mercedes.
Ferrari coupée en deux, Red Bull en panne d'explication
Ferrari s'est scindée. Lewis Hamilton — auteur de sa première pole et de sa première victoire en F1 ici même en 2007, et déjà sept fois vainqueur au Canada — a brièvement dominé la SQ1 avant d'être relégué au cinquième rang à 0,361 seconde. Charles Leclerc s'est classé sixième à 0,445s, le Monégasque concédant trois dixièmes à son coéquipier sur un tour pour le deuxième week-end consécutif. Le rythme d'Hamilton paraît crédible pour viser le podium du sprint ; celui de Leclerc, comme à Miami, ne l'est pas. Le récit interne Ferrari continue de s'épaissir.
La soirée Red Bull a été plus difficile à expliquer. Max Verstappen n'a pu faire mieux que septième, à 0,539 seconde de la pole, le rookie Isack Hadjar un dixième plus loin en huitième. Verstappen évoquait un « regain d'optimisme » à la sortie de Miami ; cet état d'esprit ne survivra pas au vendredi soir de Villeneuve. La séance s'est aussi terminée avec Verstappen et Norris convoqués chez les commissaires pour un incident en SQ1, dont les détails restent flous à l'heure où nous écrivons.
Arvid Lindblad a une nouvelle fois propulsé sa Racing Bulls dans le top 10, neuvième à 0,772 seconde — un résultat plus impressionnant que ne le suggère l'écart, vu le matériel confié au rookie. Carlos Sainz a sauvé une dixième place pour Williams, à plus d'une seconde, l'Espagnol encaissant le gros d'un week-end compliqué qui avait commencé avant même que les monoplaces ne sortent des stands.
La sortie violente d'Alonso en SQ1, et une marmotte
La SQ1 s'est conclue sur drapeau rouge — le quatrième de la journée à Villeneuve. À moins de deux minutes du terme du segment, Fernando Alonso a bloqué la roue avant-gauche de son AMR26 à l'approche du virage 3 et est parti tout droit dans la barrière TecPro. L'Espagnol était alors 14e du classement, en train de tenter un dernier tour rapide pour passer le couperet.
La radio fut directe : « Yeah, sorry. Lock up, mate. »
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